Sommaire

Histoire de l'art N° 74 -
Représenter le travail

Depuis deux siècles, le travail est devenu une composante fondamentale de la société. Cette valeur est à l’origine de bien des romans ou de films célèbres, mais semble avoir été moins illustrée dans les arts visuels. Pourtant, des représentations de la forge de Vulcain au Quarto Stato de Pelliza da Volpedo ou au Grand Paysan de Dalou, nombreuses sont les figures du travail dans les arts plastiques. Et même si, selon la légende romantique, l’art aurait plus à voir avec le génie et la résistance, qu’avec ce que le travail sous-entend d’efforts, d’apprentissage, d’opérations matérielles, une longue tradition place le travail au coeur des représentations artistiques : la première ekphrasis de l’histoire de l’art, qui raconte le bouclier d’Achille, intègre les activités laborieuses : laboureurs, moissonneurs et vignerons côtoient guerriers ou danseurs.
Plusieurs questions se posent donc : le travail est-il un simple motif iconographique ou sa représentation est-elle sous tendue par un engagement idéologique de l’artiste ? La représentation du travail et des travailleurs entraîne-t-elle nécessairement des choix naturalistes, une restitution précise aux ambitions documentaires, ou s’étend-elle à un vocabulaire allégorique ? Laisse-t-elle une marge d’interprétation comparable à d’autres registres ? Enfin, quel rapport les artistes entretiennent-ils avec la notion de travail ? Quand Léonard compare le « sculpteur-tâcheron » au« peintre-gentilhomme », il renvoie la notion de travail chez premier, non sans une nuance de mépris attachée à la pénibilité du contact avec la matière, alors que le second ferait « cosa mentale ». On peut considérer cette dualité comme parallèle à celle qui oppose l’artiste et de l’artisan. Sans compter les arts qui ont partie liée avec le monde du travail, qui s’insèrent dans une chaîne du travail, depuis l’édification médiévale des cathédrales jusqu’aux arts industriels, et aux expériences contemporaines d’arts mécaniques.

SOMMAIRE

Introduction / Simon Texier et Olivia Voisin

Perspectives
Images médiévales du travail / Perrine Mane
Représenter le travail et l’industrie à Paris, 1750-1900 / Thomas Le Roux et Nicolas Pierrot
La représentation du travail dans l’art européen du XIXe siècle : paradoxes et enjeux d’une iconographie renouvelée / Chang Ming Peng

Études
De l’image de l’outil à l’« outil-image » / Ambre Vilain
« Plus d’épines que de roses ». Le travail dans les intarsie au Quattrocento / Alexandra Ballet
Le monde de la finance sous la régence d’Orléans : gestuelle nouvelle pour une économie nouvelle / Valentine Toutain-Quittelier
Le tractoriste, héros du sculpteur soviétique / Nicolas Laurent
L’artiste comme opérateur. Figures du travail et mécanisation de l’art dans l’Allemagne de la République de Weimar / Franck Knoery
Figure de l’artiste au travail ou la pensée en acte. Réflexions à partir des films de Brancusi / Lydie Delahaye
Les portraits de travailleurs dans la propagande de la Works Progress Administration / Laure Poupard
Une histoire photographique inédite de la figure de l’ouvrier dans la propagande américaine (1941-1943) / Sarah Charluteau-Martin
Artistes et « Art Workers », New York 1969-1976 / Pauline Chevalier
Travailler, répéter, méditer / Shiyan Li

Méthode
Le temps des constructions cyclopéennes. Nietzsche et le chemin de fer / Tilmann Buddensieg

Portfolio
Affiches en travail, 1972 – 1992 / Grapus, collectif de graphistes

Fondée en 1988 et éditée par l’Association des professeurs d’archéologie et d’histoire de l’art des universités, Histoire de l’art est une revue de recherche et d’information dont l’objectif principal est de publier les résultats des travaux de jeunes chercheurs, qu’il s’agisse de l’Antiquité, du Moyen Âge, de l’époque moderne (XVIe-XVIIIe siècles) ou contemporaine (XIXe-XXIe siècles).
Elle complète la production éditoriale française en histoire de l’art en faisant connaître rapidement les résultats des recherches, du master au doctorat. De plus, Histoire de l’art offre aux chercheurs confirmés et aux acteurs de l’aire culturelle concernée – professeurs, conservateurs du patrimoine, critiques – les rubriques « Perspective », « Dossier », « Méthode », « Varia ». Loin de tout sectarisme, elle veut rendre compte de la diversité féconde des approches de l’œuvre d’art et de l’architecture, sans négliger l’analyse des représentations, de l’image et du discours.
Histoire de l’art paraît deux fois par an, au printemps et à l’automne. Le numéro publié à l’automne a pour supplément électronique la liste des mémoires et des thèses soutenus au cours de l’année écoulée (liste TRHAA, http://www.inha.fr/spip.php?rubrique199).
Les numéros sont le plus souvent thématiques (Art et érotisme, Parallèles entre les arts, Approches visuelles…) et intègrent en « varia » des articles hors thème.

 

 

 

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