Sommaire

Histoire de l'art N° 73 -
Objets sacrés

« Les objets matériels sont les métaphores corporelles des choses spirituelles ». Cette phrase de saint Augustin, bien connue des théologiens et des historiens de l’art occidental prouve que l’objet, liturgique surtout mais décoratif aussi, peut revêtir une dimension si ce n’est sacrée, du moins spirituelle.
Dans ce domaine, nombreux sont encore les champs inexplorés et inexploités par les chercheurs.
Quelques travaux récents, notamment pour les périodes anciennes, livrent déjà un état de la question, au moins partiel, comme les réflexions récentes consacrées à la relique. La table ronde des 14 et 15 avril 2005 à l’université de Paris-Ouest la Défense, consacrée aux Objets sacrés – objets magiques, de l’Antiquité au Moyen Âge reposait « sur une question de départ : quelle est la place de l’objet créé, c’est-à-dire de l’artefact fait de main d’homme, dans le domaine du sacré, censé être le plus étranger à l’homme, différent et séparé de lui, et des pratiques impliquant de tels objets dans les relations des hommes avec le sacré ? »
La revue Histoire de l’art, tout en s’inscrivant dans cette problématique, souhaite l’élargir : chronologiquement tout d’abord, en envisageant une période allant de l’Antiquité à nos jours; géographiquement ensuite, en ouvrant cette problématique à toutes les aires culturelles, et enfin dans ses questions (statut; mode d’acquisition, histoire des collections; présentation /monstration).
Ce numéro interrogera la question du sacré rapportée à l’objet, dans toute sa diversité matérielle, culturelle, spirituelle et historique. Le statut même de l’objet sera questionné : objets sacrés ou objets sacralisés, objets liturgiques et utilitaires ou objets symboliques et/ou de collection ? Mais ce sont aussi les modes d’acquisition et de les modes de présentation (monstration) de ces objets qui seront analysés.

SOMMAIRE

Claire Barbillon, Sophie Mourquin – Introduction

PERSPECTIVES

Anne-Françoise Jaccottet – Sacrifice en image ou image de sacrifice ? L’autel dit de Vespasien à Pompéi
Madeleine Blondel – Conserver et exposer l’objet sacré : l’expérience du musée d’Art sacré de Dijon
Pierre Alain Mariaux Du trésor au musée. Notes pour une histoire de l’exposition des reliquaires au trésor de Saint-Maurice d’Agaune

ÉTUDES

Bilal Annan –  » Parce qu’il a entendu sa voix, qu’il le bénisse  » : représentations d’orants et d’officiants dans les sanctuaires hellénistiques d’Oumm-el’-Amed (Liban)
Émilie Roffidal-Motte – Autour de l’urne d’Alessandro Algardi (1634) : art, dévotion et pouvoir à la basilique royale de Saint-Maximin
Thibault Boulvain – Des palais du Tsar aux palais du Peuple : Tsarskoié-Sélo en révolution, 1917-1941
Isabelle Jacqueline – Sur l’exposition Trésors des églises de France, 5 février-24 mai 1965 : quelle avancée ?
Fanny Fouché – Exposer le patrimoine religieux : un défi muséographique ? Le cas du « trésor d’orfèvrerie » du musée de Cluny
Kunsang Namgyal Lama – Du sacré produit en masse : les tsha tsha du monde tibétain
Ludovic Jouvet – L’image dans le texte. La commande des retables en Provence à la fin du Moyen Âge
Benoît Manauté – La manufacture Mauméjean, un acteur essentiel du renouveau de l’art sacré
Fanny Drugeon – Les multiples formes sacrées des Nouvelles Images
Lucile Roche – Symboles, reliques ou ex-voto d’une nature sacralisée : la nature et ses fossiles dans les illustrations de la Physique sacrée de Johann Jacob Scheuchaer (1732)
Émilien BruneauL’ere ibeji et le culte des jumeaux chez les Yoruba
Damien Delille
Le langage des anges. Charles Filiger et les instruments de sublimation magiques

METHODE

Wolf Dieter Heilmeyer – La  » déesse de Berlin » : histoire et réception d’une statue grecque archaïque

VARIA

Gabrielle HeywangLe Parc Montsouris, un par haussmannien

INFORMATIONS

Résumés / Abstracts
Auteurs ayant participé à ce numéro

La revue Histoire de l’Art, fondée en 1988, a pour ambition de faire connaître les travaux de recherche soutenus dans les universités et les établissements d’enseignement supérieur en France.
Elle ne publie que de jeunes auteurs, pour lesquels c’est souvent la première occasion de faire connaître leur travail. Ils sont aidés et encadrés par leurs aînés, membres bénévoles du comité de rédaction venus des universités et des organismes de recherche du ministère de la Culture (musées, services de l’Inventaire, École du Louvre, etc.). On peut considérer cette revue comme une pépinière. Elle n’offre pas, pour autant, un simple recueil de “positions de thèses”, car la rédaction s’efforce de mettre en valeur les travaux publiés en les regroupant par thèmes et en les encadrant par des synthèses demandées aux spécialistes des domaines traités, ou en les accompagnant de textes plus courts, découvertes et documents.
La revue parait deux fois par an, au printemps et à l’automne.

 

 

 

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